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DES VISITEURS D'UN AUTRE MONDE
Deux faits semblent acquis:
L'HISTOIRE des soucoupes volantes, une histoire surtout américaine, jusqu'à
maintenant, illustre le dicton (qui a servi de titre au célèbre romain de James Cain);
"Le facteur sonne toujours deux fois." Avant les recherches qui viennent d'aboutir
aux révélations diffusées par Life, une première fois le monde savant des Etats-Unis
s'était occupé de phénomènes célestes mystérieux.
Par un chaud après-midi d'été, le 24 juin 1947, le pilote Kenneth Arnold [homme
d'affaires et pilote privé] ramenait son appareil à sa base près de Washington
[l'état de Washington et non la capitale] après un vol d'entraînement [de recherche
d'un avion accidenté]. Soudain, en vue du cratère neigeux du mont Rainier, dont les pentes sont
devenues un lieu de plaisance connu dans tous les Etats-Unis et baptisées du nom poétique
de "paradise valley", le pilote découvrit avec incrédulité d'abord,
avec stupeur ensuite, neuf "choses" qui ressemblaient à des "soucoupes" [qui
rebondissaient dans l'air comme des soucoupes sur l'eau] venant de sa gauche à environ
30 kilomètres et se dirigeant en vol de canard vers le mont. Leur vitesse, estima Arnold,
était d'environ 1.800 kmh. Les "choses" passèrent entre les pics
qui entourent le mont Rainier et disparurent dans le lointain.
Il raconta son aventure dans le journal local. Toute la presse des Etats-Unis,
puis celle des autres pays, lui firent un sort. En quelques jours, le monde entier connaissait
l'expression inédite de "soucoupe volante". Par un phénomène classique, dans les mois qui suivirent, les
commissariats de police, les observatoires et les bases aériennes recevaient des centaines de
"témoignages" sur les fameuses soucoupes. On se demande aujourd'hui, non sans regrets,
si parmi tous ces témoignages dont la plupart relevaient évidemment
de l'hallucination collective et furent traités comme tels, c'est à dire mis au
panier, il ne s'en trouvait pas un ou plusieurs qui, aujourd'hui, pourraient guider les savants.
Des faits nouveaux obligent l'Amérique à rouvrir le dossier
DIX mois après la surprenante aventure du pilote Kenneth Arnold, une nouvelle manifestation
spectaculaire, dramatique cette fois des soucoupes [d'un ballon Skyhook]: trois appareils de la base
de Fort Knox volaient un matin de janvier dans le ciel pur et glacé du Kentucky. Presque en même
temps, leurs trois pilotes découvrirent en face d'eux un étrange objet ressemblant à un cornet
d'ice cream rouge au sommet. L'un des "F.51" [F-51] piloté par le capitaine Thomas F. Mantell,
fonça sur l'objet qui se mit à prendre de l'altitude. Les deux autres pilotes assistèrent,
le souffle coupé, à la poursuite infernale. En quelques secondes [plusieurs minutes]
l'appareil piloté par leur camarade disparut [hors de vue ]dans le ciel. Ils guettèrent son retour
et partirent à sa recherche. En vain. A court de carburant, ils regagnèrent leur base.
On n'eut aucune nouvelle du capitaine Mantell [sans connaissance] jusqu'au soir quand son
corps fut retrouvé au milieu des débris de son appareil dont les éclats avaient volé jusqu'à 800 mètres alentour.
C'est sur ce drame que se termine le premier chapitre de l'affaire des soucoupes. Le monde l'a suivie avec
passion, scepticisme ou ironie. Avant que les chansonniers ne s'en emparent, le ministre de la Défense, Eric Johnson,
puis le président Truman lui-même, s'étaient intéressés à elles - l'un et l'autre pour affirmer solennellement
que les soucoupes volantes n'étaient pas une arme secrète américaine. Là-dessus, les hautes
personnalités de l'aviation des Etats-Unis déclaraient l'incident clos en classant le dossier
sur un rayon déjà chargé de "fiction scientifique", c'est-à-dire de l'imagination scientifique à la
Wells. On était en décembre 1949.
Depuis lors, plus rien d'officiel n'est apparu dans la presse concernant les
mystérieux phénomènes célestes. C'est seulement jeudi dernier que, alertés par de pleines pages
de publicité dans les quotidiens, le public américain a appris par Life qu'un centre d'investigation
consacré au problème des "objets aériens non identifiés" existait à la base militaire
de Wright Patterson, Dayton (Ohio), et que l'aviation américaine rouvrait solennellement
le dossier hâtivement fermé en 1949. Car les rapports sur les soucoupes volantes continuent à affluer
au rythme d'un par jour.
Ce qui frappe dans les observations nouvelles - et jusqu'ici tenues secrètes - qui ont forcé
les milieux officiels à revenir sur leur position, c'est que les plus saisissantes
sont aussi les moins discutables.
L'une des plus troublantes apparitions récentes des soucoupes a eu pour témoin des hommes de science dont
il est impossible de suspecter la bonne foi et qui sont habitués à la rigueur et à la précision.
Dans la soirée du 25 août dernier, le docteur Robinson, professeur de géologie au collège du
Texas, bavardait sur la terrasse de sa maison de Lubbock avec deux de ses amis, le docteur Oberg, professeur de chimie,
et le professeur Ducker, un spécialiste des questions pétrolières. Soudain, le docteur Robinson aperçut dans le ciel,
qui était extrêmement clair, quelque chose qui l'intrigua. Il poussa une exclamation et se leva.
Ses deux amis suivirent son regard: d'un bout à l'autre de l'horizon, à une vitesse incroyable,
mais sans le moindre bruit, une formation de points lumineux parcourait le ciel. Le phénomène ne dura
que quelques secondes. Les trois savants confrontant leurs impressions ont décrit cette formation
comme une vingtaine de points lumineux disposés en V comme un vol de canards. Pendant qu'ils discutaient avec
animation, une seconde formation d'objets lumineux traversa le ciel. Par la suite, entre les mois
d'août et de novembre, le professeur Ducker observa douze vols semblables. Dans la région,
des centaines de personnes furent témoins de ces faits étonnants. Il fut aisément prouvé qu'il ne pouvait s'agir
d'avions à réaction. Les enquêteurs ont établi que lorsque ces phénomènes furent constatés, aucun
avion de l'U.S. Air Force ne survolait la région. Ces vols mystérieux ont pu
être filmés [photographiés]. Un jeune amateur de dix-huit ans, l'étudiant Carl Hart, réussit à les
enregistrer le 30 août avec une caméra [appareil photo] de 35 millimètres. Cinq [quatre] images
représentant dix-huit à vingt objets lumineux plus brillants que la planète Vénus, ont été impressionnées
sur son film. Ces documents extraordinaires (voir page précédente) ont été examinés attentivement
par les services techniques de l'U.S. Air Force qui ont été obligés de convenir qu'aucun trucage
n'était possible.
D'autres phénomènes étranges ont été personnellement constatés par un astronome de réputation mondiale,
Clyde W. Tombaugh. L'un de ses titres de gloire est d'avoir découvert la planète Pluton. Personne ne peut mettre
en doute le témoignage d'un aussi grand savant. [...]
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