POITIERS
La VERITE sur les SOUCOUPES et les MARTIENS
par l'Abbé LARGEAC
Faut-il croire aux soucoupes volantes?
- C'est pour répondre à l'émotion générale, en même temps qu'à la demande
des Recherches scientifiques, que j'écris ces lignes documentaires.
Les phénomènes stellaires, atmosphériques et même telluriques sont tellement nombreux
et parfois fréquents [sic!] sous la calotte des cieux, qu'il ne faudrait pas s'imaginer
que les soucoupes et marmites volantes sont une invention exclusive de notre siècle atomique.
Il y a eu, à toutes les époques - quelques noms qui leur soient donnés - des
feux célestes, plus ou moins développés, étincelants et parfois terrifiants,
qui, descendant en trajectoires verticales ou obliques [redondance] ont attiré
les regards stupéfaits des hommes, en prenant dans leur chute sur le globe terrestre
les formes les plus sensationnelles et les plus fantastiques, très capables de
troubler l'opinion publique.
La Librairie Celtique de Paris nous a fait connaître récemment dans un
ouvrage des plus documentés, ce qu'étaient au Moyen Age, en Bretagne, les
apparitions de poêlons volants.
C'étaient des phénomènes célestes qui se multipliaient autant au dedans de
l'imagination des hommes que dans la réalité, et auxquelles la frayeur populaire
attachait des présages de mort et de catastrophes [météores et comètes].
Ces phénomènes lumineux éclataient surtout dans les nuits très sombres,
prenant la forme de cierges flamboyants [l'auteur est éclésiastique] qui
s'allumaient, s'éteignaient, s'envolaient et disparaissaient mystérieusement.
Tantôt ils prenaient la forme de chandelles brillantes qui se plantaient
et flottaient sur un étang [feux follets]; tantôt ils ressemblaient à
des cierges vacillants qui brûlaient la tête en bas.
Mais ces cierges n'étaient que de petites lueurs en comparaison des
"étavas" aux flambeaux énormes, brillant comme des étoiles, et qui avaient
la forme sphériques de grandes poêles à frire [météores].
Leur lumière était d'un bleu verdâtre ou d'un jaune de safran, ou encore
d'une rouge violacé, s'unissant aux couleurs assombries [?] de l'arc-en-ciel.
Leur forme se confondait souvent, avec celle du disque des poêlons
munies d'une queue, et cette queue [la traînée des météores]
elle-même semblait briller d'étincelles stellaires, comme la queue d'une comète.
De l'apparition des disques lumineux aux phénomènes planétaires, il n'y avait
qu'un pas, facile à franchir.
Aussi l'opinion publique y voyait très rapidement des avertissements du
ciel et des présages de malheur.
Il me suffira d'avoir évoqué ces visions de jadis pour faire comprendre qu'il
y a eu de tout temps des phénomènes célestes lumineux, d'une forme souvent
troublante, qui ont défrayé les conversations et effrayé les esprits crédules.
On peut ajouter qu'il se forme, à ces époques, de véritables épidémies de voyants
qui, dans leur trouble plutôt que dans la possessions d'eux-mêmes, sont portés à
transformer les disques lumineux qu'ils peuvent apercevoir en poêles, en cierges,
en flambeaux, en cigares, en marmite et même en chariots volants.
Du chariot on passe facilement à la conception d'un conducteur, même accompagné
de camarades, comme dans la soucoupe volante, nécessairement moins volumineuse
[!], on prétend avoir vu quelque petit nain, d'un autre monde.
C'est ainsi qu'il y a mille ans et plus, les poêlons lumineux étaient dirigés
occasionnellement par des pygmées poilus, aux yeux effrayants de lumière étincelante.
Donc, peu de changements parmi les voyants d'aujourd'hui, dont quelques-uns
se vantent d'avoir vu des Martiens, bardé de fer blanc ou d'aluminium, qui parlent russe,
espéranto ou congolais.
Il semble bien par conséquent que notre siècle l'emporte quand même sur les
époques précédentes par les susdites apparitions, ou plutôt par les conceptions
imaginaires de spectateurs facétieux. Tant il est vrai
que l'homme malgré lui, se tourne obstinément vers le surnaturel [la notion
de visiteurs martiens ne relève pas du surnaturel] en raison de cette parole
d'Alfred de Musset: "l'infini nous tourmente!"
Il est temps de voir ce que recèlent de vrai ou de faux tous les récits de soucoupes
volantes du XXe siècle [ufologie].
J'extrais de l'amalgame les histoire les plus abracadabrantes, qui nous ont
été rapportées par les gazettes, quelques exemples qui suffiront [erreur] à nous
permettre d'analyser à souhait la valeur intrinsèque ou extrinsèque des
engins lumineux qui nous sont présentés.
Premier cas. -- Trois ouvriers agricoles ont vu, dans le ciel de l'Allier,
un énorme cigare volant qui après diverses évolutions montantes et descendantes, s'est
abattu en flèche sur le sol pour éclater, à la manière d'un obus, dans un nuage de poussières.
Vision classique [non].
Deuxième cas. -- Deux automobilistes ont aperçu tout près d'Orléans sur l'heure
de minuit, un disque lumineux qui semblait tout d'abord se balancer à travers les nuages,
apparaissant et disparaissant, pour prendre tout à coup la verticale et venir éclater au sol
en merveilleux feu d'artifice. Autre exemple classique [non], très vraisemblable.
Troisième cas. -- Un cycliste rentrant chez lui à deux heures du matin,
l'autre dimanche, s'est rencontré avec un Martien qui l'a figé sur place, en lui
sautant au cou et en lui donnant l'accolade de ses lèvres d'aluminium, pour s'enfuir en
un coup de vent sur la propre bicyclette de notre homme médusé. -- Burlesque et ridicule,
pour ne pas dire absurde [certes, typique d'inventions et d'inventions journalistiques
comme celle-ci par l'auteur de l'article lui-même, qui fabrique complètement ce
cas à partir de l'histoire Mazaud et quelques autres!].
Quatrième cas. -- Cet exemple est le bouquet humoristique [choisi justement
pour cela], qui l'emporte sur toutes les imaginations!
Un Mosellan, Pierre Bardou, des environs de Metz, ouvrier d'usine,
ouvrait sa porte, au début d'octobre, vers cinq heures du matin, pour
se rendre à son travail lorsqu'il a été on ne peut plus surpris d'apercevoir
devant lui ... un joli petit clerc en soutane (tombé de la lune en soucoupe
volante) qui lui chantait de sa voix cristalline, sur l'air très connu:
"-Au clair de la lune,
Mon gentil Pierrot,
Prête-moi ta plume
Pour écrire un mot.
Dans ma sphère volante
Je suis effondré.
J'écris à ma tante
Que j'suis enterré! ...
Le petit lunaire disparut, et le Mosellan s'évanouit de stupeur!
Nouvelle géographie: Mais aux environs de Marseille! [?]
Conclusion. -- Il y a certainement des observateurs d'occasion qui regardent,
admirent, et voient des choses se rapprochant des réalités lumineuses possibles.
Mais il en est d'autres qui voient certainement, les yeux fermés, afin
de mieux faire parler toutes les conceptions de leur imagination et leurs plaisanteries
tartarinesques. Voilà le résumé de toutes [non] les histoires de soucoupes volantes,
les unes vraisemblables [Certes.], les autres complètement imaginaires [certes.].
De quoi s'agit-t-il donc? [discussion venant après la conclusion.] Quelle peut être la base
des véritables disques lumineux - qu'ils portent un nom ou un autre - qui semblent apparaître
la nuit [non] à diverses époques?
Lisez bien. Il est au-dessus de nos têtes une voûte immense [non] appelée le firmament.
Ce firmament est parsemé d'astres, de planètes et d'étoiles.
Les astres sont d'énormes corps célestes lumineux [!], dont la photographie
nous donne une idée. Mais le mot astres se rapporte aussi à des corps lumineux du firmament. Il se dit même de la Lune:
Mais on dit plus scientifiquement [!] du soleil:
"Sur les flots agités par les vents et l'orage,
L'astre brillant de jour ne peint pas son image."
(Delilla)
Les planètes sont des corps célestes qui n'ont pas de lumière propre,
la recevant du soleil autour duquel elles gravitent [Certes.].
Les huit grandes planètes visibles à l'oeil nu sont, à partir du Soleil:
Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. [M. l'Abbé
dit vrai.] Il y a un certain nombre également de planètes secondaires.
Les étoiles, à l'encontre des planètes, sont des astres fixes, qui brillent d'une lumière propre: Sirius est une des plus brillantes parmi
les étoiles qui peuvent, à leur tour, comme le soleil, être le centre d'autres systèmes planétaires.
Leur nombre est indéfini [En effet; il y a plus de 100 000 000 000 étoiles dans notre galaxie.].
(A suivre.)
|