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A Florence
DES "DISQUES VOLANTS" INTERROMPENT UNE PARTIE DE FOOTBALL
De notre correspondant particulier JEAN D'HOSPITAL
Rome, 28 octobre.
Depuis une semaine on voit un peu partout de ces engins mystérieux aux couleurs
scintillantes de jour et de nuit, dans les nuées ou au ras du sol. Ils semblent se
complaire particulièrement sur le centre de la péninsule. Ils pullulent entre
Rimini et Pise, sur Sienne, Pérouse, Bologne et Florence.
Les témoignages de gens de bonne foi qui les ont aperçus - marins qui n'ont pas la
berlue, professeurs qui doutent de la pluralité des mondes habités, bourgeois et
prolétaires aux nerfs solides - se chiffrent par centaines et sont impressionnants
par leur concordance et leur précision. Où plutôt ils se chiffraient par
centaines jusqu'ici. Depuis hier ils sont beaucoup plus.
Un match de football amical se déroulait mercredi après-midi au stade de Florence
devant une assemblée d'environ quinze mille spectateurs. En plein feu de la partie,
à 16 heures exactement, trois personnes se sont levées brusquement dans une tribune et,
pointant le doigt vers le ciel, se sont écriées: "Des disques!"
Aussitôt, de rang en rang, les nez se sont levés. Pas d'erreur c'était bien des
disques. Ils passaient très haut et très vite en projetant une lueur jaune. Tout le
stade en est resté pantois.
Les deux disques et d'autres encore, qui ont été aperçus par de nombreux Florentins
circulant dans les rues de la ville, ont laissé dans leur sillage des traînées
de substance cotonneuse, formée de fils d'une extrême finesse.
A Rome l'épisode florentin a causé quelque surprise. On y a interviewé des
savants de toute obédience en leur faisant remarquer que comme phénomène
d'illusion collective - s'il s'agit de cela - c'est un record, du moins en
ce qui concerne les voltiges des Martiens présumés. L'un d'eux nous
a déclaré:
"Ce n'est rien. Un million de bipèdes sains de corps et d'esprit,
rassemblés dans un espace restreint, ne sont pas à l'abri d'une telle
illusion.
- Cependant, si vous vous étiez trouvé à Florence, vous, et si ma foi vous aviez vu
ce qu'ils ont vu, parleriez-vous avec autant d'assurance?
Oh! pour moi, a répondu l'homme de science, c'est bien simple:
j'ai sagement décidé, à froid, que s'il m'arrive d'en voir je n'en croirais pas
mes yeux."
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